Après la violation de L’Arrangement Particulier – la Kabilie poursuit son passage en force

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Après avoir réussi à modifier l’Arrangement Particulier et obtenu sa signature le 27 avril 2017 par une frange de l’Opposition et de la Société Civile ainsi que par ses propres affiliés, la Majorité Présidentielle ne semble plus reculer devant rien. Elle est décidée a poursuivre son passage en force, en dépit des protestations du Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement et de la communauté internationale contre les violations de ce texte ainsi que de l’Accord du 31 décembre 2016.

Dans cette lancée, un communiqué de la « présidence de la République » rendu public le vendredi 12 mai 2017 accordait 48 heures aux parties signataires de l’Arrangement Particulier révisé pour le dépôt des listes de leurs membres au Conseil National de Suivi de l’Accord du 31 décembre 2016. Contrairement à ce qui était prévu dans l’Accord de la Saint Sylvestre, le président de cette nouvelle institution d’appui à la démocratie ne va plus avoir la casquette de président du Conseil des Sages du Rassemblement. Selon l’Arrangement Particulier modifié, il va être désigné de manière consensuelle par ses pairs, au nombre de 28, appelés à siéger au sein de cette institution. Un délai de 15 jours leur est donné pour se mettre d’accord, sous la haute surveillance de Kabila.

Le pays va se retrouver ainsi avec un Premier ministre sans attache politique puisqu’exclu de l’UDPS, où il assumait la charge de Secrétaire général Adjoint, et du Rassemblement, où il exerçait comme porte-parole, et un président du Conseil National de Suivi de l’Accord du 31 décembre à puiser soit dans les rangs de l’aile dissidente du Rassemblement conduite par Joseph Olenghankoy, soit du Front pour le Respect de la Constitution (MLC et alliés), soit de l’Opposition signataire de l’Accord de la Cité de l’Union Africaine.

Par conséquent, au lieu d’une cohabitation non conflictuelle entre forces politiques et sociales pendant la transition, la RDC va fonctionner dans un climat de fortes contestations internes et externes des animateurs des institutions, dont personne n’ignore que les mandats ont largement expiré.

La question que nombre d’observateurs se posent est de savoir quels dividendes la Majorité Présidentielle escompte tirer d’un environnement où les forces politiques et sociales opposées au tripatouillage de l’Arrangement Particulier ainsi que les Occidentaux la renvoient machinalement au respect de l’esprit et de la lettre de l’Accord du 31 décembre 2016. Elle n’ignore certes pas les risques d’un isolement diplomatique face à certaines réalités politiques, sécuritaires, diplomatiques, économiques, sociales et financières de notre planète, où les « grandes puissances » sont capables du meilleur et du pire.

Pour ne prendre que le cas récent de la fièvre hémorragique Ebola qui vient de se déclarer au Nord-Est du pays, le ministère de la Santé s’est précipité à lancer un appel à l’assistance internationale, car les pays ne dispose pas des moyens financiers et logistiques suffisants pour faire face à l’épidémie. A ce sujet, une réponse négative de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) aurait pu placer le pays dans un situation inconfortable. Il en est de même des appuis financiers de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International, dont l’octroi dépend de la bonne volonté de la haute financière internationale.

C’est pareil pour les investisseurs étrangers, que Kinshasa appelle à cor et à cri mais qui hésitent à jouer la carte RDC à cause de l’instabilité politique, de l’insécurité, de la mauvaise gouvernance, du mauvais climat des affaires, de la corruption, de la justice à la tête du client, etc. Au lieu d’envoyer des signaux positifs à travers l’Accord du 31 décembre 2016, unanimement salué par la communauté internationale et coulé en Résolution 2348 au niveau du Conseil de Sécurité des Nations Unies, la Majorité Présidentielle persiste à entretenir un climat politique délétère, qui avait pourtant montré ses limites sous le régime de feu le Maréchal Mobutu Sese Seko. Au lieu de conduire le peuple de l’ex-Zaïre aux élections, après avoir épuisé ses mandats et souscrit aux résolutions de la Conférence Nationale Souveraine (CNS), le Président Fondateur s’ingéniait, sur conseil de ses « faucons », dont certains ont réussi à infiltrer la Majorité Présidentielle actuelle, à tirer la transition en longueur, pour finalement être balayé par la rébellion de l’AFDL, fruit d’un vaste complot international contre lui.

Si le schéma en chantier au sein de la famille politique Kabiliste est de contourner les élections à travers, soit une interminable transition, soit un référendum constitutionnel, il faut craindre que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

BY LE CONGOLAIS

Antoine Mankumbani

Antoine Mankumbani

Rédacteur / Animateur radio

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