La prostitution est-ce réellement le plus vieux métier du monde?

 

 

La prostitution considérée à tort ou à raison comme étant le plus vieux métier du monde par l’auteur anglais Kipling Ruyard, Prix Nobel de la Littérature en 1907, est une activité consistant à échanger des relations sexuelles contre une rémunération, Elle est majoritairement pratiquée par les femmes, quoique les hommes ne sont pas en reste, évoluant généralement dans la clandestinité. 

Le statut légal de la prostitution varie selon le pays et en vertu, bien souvent, de la majorité de la personne qui s’y engage. La réglementation de ce métier demeure toutefois très controversée dans bien des pays. il est parfois toléré dans certains pays frileux voire à régime religieux et prohibé dans bien d’autres pour des raisons similaires.En 2010, les revenus résultant du business du sexe étaient estimés à près de 187 Milliards de dollars américains  Il s’agit là d’une somme énorme, laquelle incite certains pays jusque-là réfractaires à sa légalisation d’entrevoir ni plus ni moins de revoir leur copie.

Des mouvements abolitionnistes de la prostitution qui remontent à l’époque du syphilis importé du Nouveau Monde autour du 16è siècle, la gangrène ayant jeté l’opprobre sur la sexualité hors des liens du mariage ne désarment cependant pas. Chacun d’entre ceux-ci y va conformément à sa motivation avérée ou supposée. De manière général, les leaders frondeurs confortent leur lutte tenant compte du fait que même dans les pays où la prostitution est autorisée et réglementée certains interdits doivent être observés scrupuleusement. Il s’agit entre autres tabous: l’interdiction formelle d’abuser des mineures sous le fallacieux prétexte de leur coller l’étiquette de travailleuses du sexe. Les personnes vulnérables telles que les handicapées physiques ou mentales, les femmes enceintes ne peuvent normalement pas être considérées comme étant en même d’être entraînées dans ce business à haut risque. Le racolage ainsi que le proxénétisme sont souvent punissable par la loi. A cette liste non exhaustive peuvent être jointes les femmes mariées (non consentantes, vu que souvent ce fléau bien présent dans la plupart des sociétés des terriens soit plutôt passé sous silence bon an, mal an), sauf en cas d’indiscrétion d’une de deux parties prenantes dans l’adultère, les personnes inconstantes, cas des drogués de deux sexes-

La prostitution infantile

Ce fléau désigne l’utilisation d’un enfant, fille ou garçon, pour des activités sexuelles en échéance d’une rémunération ou de toute forme de rétribution (cadeau, nourriture, vêtement, etc). Cette activité est englobée dans la notion d’exploitation sexuelle. Elle concerne tant les filles mineures que les garçons mineurs et touche les cinq continents de la planète terre.. Dans de nombreux pays, singulièrement ceux dans lesquels la corruption connaît un embonpoint, ce phénomène se répand de manière exponentielle et inquiétante. Il sied de citer les pays tels que: la République démocratique du Congo (avec l’existence des nombreux enfants de la rue appelés Chégués), l’Inde, la Thaïlande, les Philippines, la Colombie etc. Il est clair que cette activité est très lucrative par rapport aux salaires modiques locaux. L’orphelinat des enfants occasionné par des guerres, des catastrophes naturelles, des pandémies, à l’instar du VIH/Sida. Il y a aussi à déplorer le trafic d’enfants qui subissent malheureusement du kidnapping contre leur gré, à partir des réseaux mafieux bien structurés.

Dans la quasi-totalité des pays occidentaux, l’âge légal permis pour se lancer dans la prostitution demeure la majorité révolue, soit 18 années. Néanmoins, il est curieux et même incompréhensible que dans la Confédération helvétique, la législation en cette matière ait accepté de rabaisser cet âge à 16 années révolues, Les sociologues expérimentés ne parviennent pas encore à convaincre l’opinion tant nationale qu’internationale de la nécessité de cette disposition légale préconisée par le législateur helvétique. La Suisse est pourtant considéré comme l’un des pays développés de la planète du Top 10. Vu sous l’aspect socio-économique, ce pays n’a pas d’argument pouvant justifier l’autorisation accordée aux mineures de 16 ans de faire le choix dans le métier du sexe si telle serait leur volonté. Les enfants déshérités devraient se compter normalement sur les doigts: l’enseignement obligatoire étant intégralement à la charge de l’Etat fédéral.

Les raisons les plus évoquées dans la débauche des mineurs, tous les deux sexes confondus, sont: la pauvreté, la corruption, la criminalité, la naïveté, les problèmes sociaux ou familiaux. Tous ces maux corroborant à la mauvaise gouvernance des pays concernés contribuent littéralement à la prolifération de la prostitution des enfants. Il est ainsi dénombré de plus en plus des pédophiles qui excellent dans le choix des enfants auprès de qui ils trouvent de la docilité et un sentiment de puissance sexuelle. le désir ardent d’une nouvelle expérience. Le tout enroué dans un sentiment coupable d’impunité lié à l’anonymat. Certains Asiatiques croient éviter le VIH/Sida voire guérir de cette maladie en abusant d’une mineure.. D’autres poussent leur imaginaire jusqu’à penser qu’avoir des relations sexuelles avec une vierge accroîtrait leur virilité et leur apporterait longévité et succès en affaires. On estime à plus de 3 Millions, le nombre d’enfants de deux sexes qui alimentent les réseaux de prostitutions.

L’essor du marché du sexe

Depuis une quarantaine d’années, le commerce sexuel s’est industrialisé et s’est diffusé par la biais des nouveaux moyens de communications. L’essor de la normalisation de la pornographie a notamment contribué au développement de la prostitution. Comme évoqué précédemment, l’exploitation sexuelle commerciale des enfants par des étrangers. Il ressort des statistiques des spécialistes qui se penchent sur l’examen de la prostitution que les femmes occidentales préfèrent aller en Inde, à Goa, en Jamaïca voire en Gambie. Quant aux hommes, leurs régions et pays de prédilection sont: en Asie du Sud-Est Thaïlande et Philippines notamment, au Maroc, en Tunisie, au Sénégal, en République Dominicaine, à Cuba, au Panama, au Surinam et au Brésil. Des guides touristiques fournissent des adresses où l’on peut se procurer les services d’un enfant par exemple, moyennant une commission. L’internet en fait également bien entendu la promotion. Dans la majorité des cas, les enfants prostitués sont sous le contrôle avisé d’un proxénète qui perçoit naturellement une commission prohibitive.

Les conséquences de la prostitution sont néfastes, étant entendu les effets négatifs qu’elle génère sur le bien être et l’équilibre de la personne travailleuse du sexe. Il n’est point besoin de marteler que l’enfant qui est introduit dans ce circuit ne s’en sort quasiment pas à bon compte, sauf alors avec des stigmates qui l’accompagnent le reste de sa vie. L’enfant peut aussi, s’il arrive à faire ses preuves et à s’imposer dans ce microcosme nébuleux du travail du sexe, devenir proxénète lui-même. La déscolarisation de plusieurs mineurs trouve son origine principalement dans la prostitution, laquelle génère tout de même la rétribution. Mais, sur le plan relationnel et familial, les prostitué(e)s connaissent à la longue la marginalisation par leurs proches ainsi que la société dans laquelle ils (elles) évoluent..Le métier du sexe exige des soins de santé et des conditions hygiéniques particulières. Peut-on affirmer sans crainte de se tromper que tous les prostitué(e)s, hommes et femmes, se soumettent à ce préalable crucial?

Les faits divers dans divers médias rapportent quotidiennement des épisodes dramatiques qui se manifestent dans une frange significative de cette catégorie de personnes qui sont englouées dedans dans la prostitution, la tête sous l’eau sans espoir apparent de recouvrer leur liberté d’actions et d’agir, sous forme de syndromes aussi bien physiques, moraux que psychologiques. Des lésions telles que des déchirements vaginaux, des séquelles physiques de tortures, des douleurs, des infections, des grossesses non désirées ou des cas de prise forcée de la drogue. L’enfant utilisé dans le métier du sexe avec ou sans son consentement préalable peut aussi présenter des symptômes. des troubles dépressifs, des troubles de la personnalité ou d’identité sexuelle et des comportements bizarres ou tout au moins anormaux (agressivité, colère), des troubles du sommeil, une perte de confiance en soi, une méfiance ou même de la haine exacerbée à l’égard des adultes quels qu’ils soient: parents, membres de la famille, proches, amis ou connaissances.

L’origine historique supposée de la prostitution

Jean Bottero est un des rares historiens à s’être interrogé véritablement sur les origines de la prostitution, ce, dans son ouvrage intitulé: »Mésopotamie ». Voici les constats auxquels il a aboutit au terme de sa jugeote: Les premières femmes consacrées à la prostitution sacrée pour honorer la déesse de la fertilité INANNA, devenue par la suite ISTHAR chez les Babyloniens, étaient les femmes stériles. Celles-ci ne pouvaient pas assurer la procréation au sein d’une famille avec un seul homme. Par conséquent, elles trouvent une place dans la société en servant  la déesse, devenant par là l’épouse de tous. Les Hébreux connaissaient et pratiquaient aussi la prostitution sacrée. Dans 2 Rois, le Roi Josias, vers -630, « ordonna de démolir la demeure des prostituées sacrées qui étaient dans le temple de Yahvé ». Les prostitués masculins à l’origine sont ceux qui, par malformation naturelle ou par accident, ne pouvaient pas davantage assurer la continuité de l’espèce. Eux aussi trouvaient, au service de la déesse, une place dans la société »

Aux premiers temps de la civilisation méditerranéenne, le point de départ de la prostitution semble à la fois religieux et familial. Dans les cultes religieux, les cultes de la déesse-amante dans toutes les sociétés anciennes ont pour rite essentiel l’union sexuelle des hommes avec des prostituées sacrées qui sont des femmes (ou des hommes généralement castrés) au service de la déesse. Ces unions sont censées ressourcer la force génitale des fidèles masculins et cette force va étendre ses effets  positifs à la fertilité des troupeaux et des sols. Parfois même, toutes les femmes d’une tribu sont concernées par cette pratique. Aux époques historiques – les écrits l’attestent – ces comportements se monnaient. Les chefs de familles rentabilisent le prêt des  femmes qui sont leurs propriétés. Les responsables des Etats, à Babylone comme dans tout le Moyen-Orient, se mettent à créer leurs propres maisons de prostitution. Les prostituées se multiplient autour des temples, dans les rues et les tavernes

En Arabie, un homme épousait et/ou répudiait autant des femmes qu’il voulait. Les femmes répudiées se retrouvaient dans la misère noire et dans une situation d’instabilité capable de leur entraîner la dévalorisation totale. Lorsqu’elles ne tombaient pas en esclavage, ces femmes abandonnées se livraient à la prostitution afin de refaire leur vie et surtout, de continuer à être utiles au sein de la société. Pour attirer l’attention d’éventuels clients, elles avaient souvent la poitrine nue. Les lieux où se pratiquait la prostitution étaient signalés par un drapeau rouge; d’où le nom de « Femmes aux drapeaux ». Lorsqu’une prostituée mettait au monde un enfant, une femme physionomiste « Gafali » indiquait lequel des hommes ressemblait à l’enfant et le lui attribuait officiellement. S’il s’agissait d’un enfant que l’on avait pas attribué, le propriétaire de la prostituée se l’attribuait et en faisait le commerce.

Au Moyen-Age, les responsables de l’ordre public, des municipalités, des seigneurs, des laïcs ou des ecclésiastiques (les évêques, les abbés et le pape) organisent progressivement la prostitution. Ils en tirant un profit financier considérable. leur implication personnelle à tous ces responsables permet de booster le secteur du sexe, au point de susciter la convoitise et l’envie. Pour parer aux dérives, ils prévoient quelques réglementations  à observer scrupuleusement, notamment: des restrictions aux libertés des prostituées (déplacements, fréquentations, habits); des jours et des heures de fermeture obligatoire des maisons; des relations financières et autres entre les gérants des maisons et leurs personnels, d’une part, ou les autorités, d’autre part; des natures des clients: beaucoup de maisons refusent les hommes mariés, les prêtres et les Juifs; de la tenue de la prostituée: elle est distincte à celle de la mariée pour que cette dernière ne soit pas importunée par les friands du sexe.

En France, le débat autour de la proposition de la loi contre la prostitution prévu pour être examiné le 27 novembre 2013 dernier a crée de l’agitation acerbe, avant son adoption à une large majorité par l’Hémicycle de l’Hexagone, avec finalement des restrictions plus importantes et draconiennes. La discussion autour de l’adoption de cette loi contre la prostitution aura cependant été houleuse et largement suivie sur l’ensemble du territoire français. Il sied de retenir à ce propos que le président français François Hollande s’est fait hué en date du 11 novembre 2013 le long des Champs Elysées. In fine, la phrase de Virginie Despentes qui stipulait que: « Les prostituées forment l’unique prolétariat dont la condition émeut autant la bourgeoisie que le prolétariat » mérite bien d’attention soutenue et d’étude approfondie. Il en est de même de l’écrivaine Claudine Legardinier qui estime que « le problème avec la prostitution, c’est que n’importe qui s’estime en droit de se prononcer, sans connaître des réalités, mais la tête pleine de fantasmes ».

Antoine Mankumbani

Antoine Mankumbani

Antoine Mankumbani

Rédacteur / Animateur radio

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