L’Afrique à la croisée des chemins

Le continent africain se trouve à l’ère de l’alternance au pouvoir de la plupart de ses dirigeants à l’horizon 2016-2017. Souvent administrés par des autocrates cooptés par l’Occident mais honnis de leurs peuples, les pays africains souffrent du manque de leadership responsable de leurs chefs d’Etat. Ces derniers ne sont toujours pas disposés à quitter le pouvoir au terme de leur mandat constitutionnel.

L’alternance au pouvoir n’est pas imaginable de la part des présidents africains, d’autant qu’ils sont eux-mêmes à l’origine des tripatouillages des élections.  Ainsi affirme-t-on éhontément qu’un président africain en fonction ne peut perdre le scrutin après l’avoir lui-même organisé. Pourtant, la démocratie rime avec l’alternance au pouvoir; ce qui n’est pas du goût des dictateurs qui tiennent des mains de fer le destin des peuples africains. L’Afrique est en proie à des tumultes résultant des convoitises de tous genres, avec pour toile de fond à la fois l’exploitation de ses ressources naturelles et son positionnement géostratégique, globalisation oblige.

L’Afrique a plus qu’hier besoin d’une stabilité pour refaire son retard accumulé depuis des lustres. Son développement dépend prioritairement de la capacité de ses populations à s’approprier la gestion autonome de son économie. Il n’est point besoin de se voiler la face concernant la dépendance dont est victime l’Afrique de la part de l’Occident. La plupart des dirigeants africains font allégeance aux pays occidentaux, lesquels sont à l’origine de leurs nominations. Ils garantissent les avantages des expatriés aux dépens du sort souvent apocalyptique de leurs peuples. Leur maintien au pouvoir paraît souvent arranger leurs partenaires occidentaux qui demeurent peu enclins  à la misère des populations africaines découlant de la mauvaise gouvernance de leurs acolytes africains.

Le développement tant souhaité du continent africain passe par l’affranchissement de son économie du joug occidental. Le temps de la nomination controversée par l’Occident des dirigeants africains acquis à leurs causes devrait être derrière nous. Il n’est plus acceptable de voir l’Occident contraindre les peuples africains de voter, pendant que leurs bulletins ne sont pas pris en compte. La démocratie ne se résume pas dans l’organisation des scrutins factices tous les cinq années. La légitimité des autorités choisies effectivement par les peuples devrait supplanter la légalité imposée à l’issue des scrutins de formalités pour introniser les présidents africains dûment désignés par les puissances étrangères.

Il va sans dire qu’il appartient aux peuples africains eux-mêmes de secouer le cocotier pour parvenir à imposer leur souveraineté internationale. La victimisation perpétuelle ne doit nullement leur faire fuir leurs propres responsabilités. Ils sont souvent les dindons de la farce dans les relations bilatérales Nord-Sud,  lesquelles ne reposent pas nécessairement sur le principe gagnant-gagnant. Leurs oligarques complotent avec l’étranger en vue de bénéficier des commissions et rétro-commissions, en plus de la fortune qu’ils accumulent illicitement grâce aux détournements des deniers publics. Conscients des dérives dont ils font montre dans leur gestion et la répression à laquelle ils recourent pour mettre hors d’état de nuire ceux qui leur font ombrage, les présidents africains craignent, à juste titre, de quitter le pouvoir.

L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts mais bien d’institutions idoines, capables de garantir son développement et sa croissance harmonieux. Cette recommandation faite aux pays africains par Barack Obama, le président des Etats-Unis d’Amérique depuis Accra, la capitale ghanéenne, n’a jamais connu un début de matérialisation. La souveraineté et la dignité de tout un continent se trouvent hypothéquer à cause de la duplicité entre la plupart des chefs d’Etats africains et certaines puissances occidentales prédatrices qui agissent sur terrain par les Multinationales, les Organisations Non Gouvernementales, les Institutions des Bretton Woods, les Nations Unies et leurs tentacules. L’inamovibilité des dirigeants africains qui se justifie par leur crainte du lendemain doit être combattue au même titre que la mainmise de l’Occident dans les économies africaines, une néo-colonisation larvée.

Antoine Mankumbani

Antoine Mankumbani

Rédacteur / Animateur radio

1 Commentaire le L’Afrique à la croisée des chemins

  1. Bonjour bien dit c’est une bonne réflexion mon vieux nos dirigeants sont des fou preuve en Gambie nous attendons l’épisode José Eduardo en Angola que Dieu benis l’Afrique

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