Le Congo-Brazzaville et le Congo-Kinshasa bientôt reliés par un pont

beachar6357015_0

                                                                                        Le Beach à Kinshasa, est le lieu d’où partent les bateaux qui assurent la traversée du fleuve Congo pour Brazzaville. AFP/PATRICK FORT

Un pont pour les voitures et les trains devrait relier Kinshasa et Brazzaville, les deux capitales les plus proches du monde, séparées par le fleuve Congo. La Communauté économique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC) vient de réactiver une étude qui date de 2009. Une réunion d’experts s’est tenue en décembre 2016 à Libreville. Le projet du pont permettra peut-être de relancer un autre dossier, qui date de la colonisation : celui de la construction d’un chemin de fer entre Kinshasa et Ilebo, à l’intérieur de la RDC.

Né il y a 8 ans, le projet de construction d’un pont entre Kinshasa et Brazzaville prend de plus en plus forme. Selon Kimbembe Mazunga, expert et ancien ministre des Travaux publics, la réalisation de ce pont pourrait activer un autre projet : « Ce pont est le prolongement du chemin de fer Pointe-Noire-Brazzaville et ce sera le prolongement du (futur) chemin de fer Kinshasa-Ilebo. »

Afin d’éviter les ruptures de charge entre la région minière du Katanga et le port de Matadi, il faudrait donc construire une voie ferroviaire entre Ilebo et Kinshasa. Un projet qui pourrait encore attendre des années avant d’être réalisé. Ce qui n’est plus le cas pour le pont Kinshasa-Brazzaville.

« On est arrivé à ce qu’on peut appeler un point de non-retour. Il y avait beaucoup de susceptibilités autour de ce pont. On pensait que si jamais on arrivait à réaliser une voie directe entre Brazzaville et Kinshasa, on privilégierait le port de Pointe-Noire (Congo-Brazza) par rapport aux ports (du Congo-Kinshasa) de Boma et de Matadi. Il a été démontré que ce n’est pas le cas. »

C’est avec un financement de la Banque africaine de développement (BAD) et des deux Congo notamment que le projet du pont-route-rail Kinshasa-Brazzaville a été réactivé, avec, à la coordination générale, la Communauté économique des Etats d’Afrique Centrale. Marie-Thérèse Chantal Mfoula, secrétaire générale adjointe de l’Organisation sous-régionale en charge du département de l’intégration, indique que « le bouclage du budget est sur la bonne voie, surtout que les deux pays ont opté pour un mode de financement et de gestion de type partenariat public-privé. Le pont route-rail, y compris dans les postes de contrôle unique frontalier, est estimé à environ 400 millions d’euros. »

A la CEEAC, on estime que les travaux de construction de ce pont entre Kinshasa et Brazzaville pourraient commencer fin 2017 ou début 2018. Il faudra peut-être attendre deux ans, selon Hyacinthe Dzogolo, le directeur du département du chemin de fer Matadi-Kinshasa : « L’étude a atteint le niveau d’avant-projet détaillé. On a fixé le tracé, on a calé les points d’où partiront les ouvrages sur les deux rives. Il reste à confectionner les cahiers de l’appel d’offre international et à trouver les financements. »

La BAD va débloquer 250 millions d’euros, pour financer la construction du pont route-rail entre Kinshasa et Brazzaville, c’est plus de la moitié des 400 millions d’euros estimés pour cet ouvrage, les deux Congo sont en train de réunir 110 millions d’euros. Pour boucler le financement, il reste à trouver 40 millions d’euros chez d’autres bailleurs.

By JeuneAfrique

Antoine Mankumbani

Antoine Mankumbani

Rédacteur / Animateur radio

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*