Le continent africain face aux prochaines échéances électorales de tous les dangers

A l’horizon 2017, près d’une trentaine de pays africains seront confrontés à la dure et controversée épreuve de l’alternance au pouvoir de leurs dirigeants inamovibles. Des scrutins présidentiels de tous les dangers mettront aux prises les autocrates avides du pouvoir à des concurrents plus que déterminés à secouer le cocotier issus tant de l’opposition que de la société civile. Les peuples africains vont-ils cette fois choisir réellement leurs propres dirigeants ?

Il est de coutume en Afrique que tout président sortant d’un pays soit aux manettes dans l’organisation nébuleuse des élections aboutissant à sa reconduction à la magistrature suprême. Pour ce faire, il bénéficie inexorablement du soutien tous azimuts des puissances occidentales et des lobbys économico-financiers. Au nom d’un certain principe de la démocratie, les partenaires étrangers exigent des Africains de souscrire obligatoirement à leur droit civique par le dépôt de leurs bulletins dans les urnes. Le financement des opérations électorales comme le choix des dirigeants relèvent, néanmoins, de la discrétion des bailleurs des fonds étrangers.

A la veille des échéances électorales à venir concernant des dizaines de pays africains, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer aussi bien la mainmise étrangère dans la prédation des ressources naturelles de l’Afrique que l’inamovibilité au pouvoir des oligarques impénitents, tortionnaires et détourneurs des deniers publics. La paupérisation de la plupart des masses africaines ainsi que l’immobilisme économique désolant de tout un continent sont, de ce fait, attribués principalement aux puissances étrangères, à l’origine de la désignation des chefs d’Etats africains, et leurs acolytes que sont: les multinationales, les institutions de Bretton Woods, l’ONU ainsi que ses tentacules.

L’alternance au pouvoir au cours des échéances prochaines devient une réelle préoccupation de la part des principaux partenaires étrangers du continent africain. Ceux-ci tiennent mordicus à soigner leur image vis-à-vis aussi bien des populations africaines que de leurs concurrents d’autres continents. Depuis peu, beaucoup de décideurs étrangers défendent farouchement les limites constitutionnelles aux mandats des despotes africains, leurs alliés patentés. Ils exhortent les présidents inamovibles à ne pas modifier les Constitutions nationales au profit de leurs intérêts égoïstes voire politiques. Ils doivent s’en tenir strictement au respect de la durée de leur mandature respective. Il s’agit là ni plus ni moins d’un lâchage programmé de l’Occident à l’égard de ses protégés africains.

Au demeurant, l’accent est présentement mis sur l’observance des limites du nombre de mandats présidentiels et des prescrits des Constitutions nationales. D’aucuns parmi les partenaires extérieurs de l’Afrique ont finalement compris que la réalisation des aspirations de tout un continent ainsi que le renforcement des institutions démocratiques dépendent prioritairement du choix judicieux des chefs d’Etats par leurs peuples. Ils ne sont pas tous forcément favorables à l’imbroglio politique et au décor de déstabilisation qui collent tristement au continent africain. Plutôt que de continuer à noircir les cœurs des populations africaines meurtries, les puissances occidentales aimeraient que les prochaines échéances électorales apparaissent comme l’ultime rendez-vous de la paix, du développement et de la justice en Afrique.

Antoine Mankumbani

Antoine Mankumbani

Rédacteur / Animateur radio

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*