L’immigration clandestine ou illégale: les motivations, les causes, les conséquences et les enjeux du moment

 

L’immigration clandestine appelée aussi l’immigration illégale se trouve malheureusement à l’origine de bien des désastres. Il convient de s’y pencher, d’en dégager les causes, les conséquences de même que les enjeux, dans la perspective de colmater les brèches, tant il est vrai que ce phénomène univers ne pourrait visiblement pas être totalement combattu, en dépit du renforcement des législations dans différents pays occidentaux.

Au moment où se renforcent de plus en plus les législations relatives à l’immigration dans les pays occidentaux, l’Europe devenant une réelle forteresse, et que la situation économico-sécuritaire des pays du Sud se détériore davantage pour des raisons essentiellement liées à la mauvaise gouvernance des dirigeants, à l’exploitation éhontée du sol et du sous-sol du continent africain par les Occidentaux disséminés au travers des multinationales, des institutions de Breton Woods voire de l’ONU et de ses tentacules. il sied de réfléchir sur les motivations, les causes, les conséquences, de même que les enjeux du moment susceptibles de découler de l’immigration clandestinité, appelée aussi l’immigration illégale.

L’immigration clandestine ou illégale s’explique par l’entrée sur un territoire national d’étrangers ne possédant pas les documents dûment délivrés par les autorités des pays d’accueil concernés. Elle concerne aussi les étrangers qui poursuivent leur séjour sur un territoire étranger, une fois la validité de leur séjour expirée. L’immigration clandestine a toujours existé depuis la nuit des temps. Néanmoins, elle connaît de nos jours un essor fulgurant. L’idée de la globalisation de l’univers prônée par l’Occident semble ne pas résoudre, à l’échelle internationale, la libre circulation des personnes et de leurs biens selon que ces personnes ou ces biens proviennent des pays du Sud, lesquels sont malheureusement réputés pauvres, désorganisés, sans perspectives d’avenir et communément désignés sous le vocable mitigé de pays tiers.

Se trouvent souvent dans la clandestinité ou l’illégalité des étrangers en situation irrégulière, des clandestins, des sans-papiers. L’immigration clandestine concerne généralement les ressortissants des pays relativement pauvres recherchant un meilleur niveau de vie dans les pays réputés riches ou considérés comme tels. Mais, contrairement à une idée reçue et souvent répandue, ce ne sont pas les ressortissants pauvres des pays du Sud qui migrent, mais bien ceux qui disposent de suffisamment des moyens financiers pour se livrer à cet exercice périlleux et très risqué, le coût du voyage étant souvent très élevé, et qui espèrent trouver à l’étranger une meilleure promotion sociale que celle qu’ils auraient connue dans leurs pays d’origine respectifs.

Les clandestins, les illégaux ou les sans-papiers prennent des risques énormes lors de leurs déplacements pouvant parfois mettre leur propre vie en péril. Ils se font souvent aider et même arnaquer par des passeurs, des trafiquants et des employeurs sans foi ni loi. Il va sans dire que le nombre de clandestins n’est pas officiellement répertorié. Les spécialistes dans le domaine de l’immigration se servent souvent des données approximatives pour colmater les brèches. Mais, selon les chiffres officiels publiés annuellement par les services compétents de l’ONU, plus de 280 000 000 de migrants légaux sont recensés, ce, en vue de donner des repères sur  ce que représenterait à contrario le flux de migrants illégaux, lesquels partent de chez eux pour rejoindre des pays plus cléments, économiquement parlant.

Plusieurs voies sont empruntées par les immigrants clandestins ou illégaux afin de regagner les pays du vieux continent de leur prédilection. L’Espagne a bien souvent constitué pour les ressortissants africains une porte d’entrée en Occident. Les Îles Canaries ne sont pas en reste. Les migrants partent des côtes du Maroc, de la Mauritanie, du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée Conakry. A partir du Maroc, deux villes espagnoles, deux points d’entrée en Europe, sont prises d’assaut, à savoir : Ceulta et Melila. Du côté de l’Italie, des routes partent de la Tunisie et surtout de la Libye pour déboucher vers l’île de Lampedusa ainsi que la Sicile. Il convient aussi de signaler la traversée au moyen des camions du désert du Sahara par les Africains émanant de la région subsaharienne de l’Afrique.

Il existe par ailleurs une voie détournée qui, elle, passe par la Turquie pour culminer vers la Grèce. Ils sont à compter sur les doigts ceux des Africains qui s’y hasardent, d’autant que cette voie n’offre nullement des garanties suffisantes pour parvenir tant soit peu au niveau de l’Europe occidentale, Cette voie sert plutôt aux ressortissants de l’Asie ainsi que ceux du Proche et Moyen-Orient. Du côté du pays de l’oncle Sam, aux Etats-Unis d’Amérique, il existe des passeurs appelés « Coyottes » qui font traverser les immigrants provenant de l’Amérique du Sud, notamment dans une forte proportion du Mexique, par le Rio Grande ou l’Océan Atlantique, ce, à bord des conteneurs. N.B. Ces citoyens américains volontaires forment des milices armés qui patrouillent le long des frontières mexicaines. Ceux-ci tuent sans sommation les étrangers illégaux qu’ils rencontrent sur leur chemin.

Débarqué(es) en Europe sans être passé(es) au préalable par les voies officielles (Consulat, Ambassade), dans le double-fond d’un camion, dans un conteneur, à bord d’une embarcation rapide et peu détectable, ce, avec la complicité des trafiquants, dans le train d’atterrissage d’un avion, tels sont des procédés courants dont se servent les immigrés déterminés à atteindre leur but. Il y a aussi à souligner le passage des frontières avec des faux-papiers délivrés par des réseaux de trafiquants. Dans le cas de l’Union Européenne et de la zone Schengen, il suffit de passer par un pays membre de l’UE assez corrompu, exemple la Grèce. Arrivé(es) avec des papiers en règle puis décidé(es) de rester définitivement, rentré(es) en clandestinité à la fin de la validité du visa (visa de court séjour de moins de trois mois, voyage touristique, visite de la famille, visa-étudiant) constituent ainsi des moyens imparables pour se maintenir dans un pays étranger quel qu’il soit.

Il existe d’innombrables causes qui poussent les immigrés à quitter leurs pays d’origine respectifs. Nul n’ignore que la mauvaise gouvernance de la majorité des pays du Sud ainsi que le ralentissement économique qui en découle favorisent l’augmentation exponentielle du chômage. De nombreuses entreprises ne fonctionnent plus. Les secteurs de l’agriculture, de la pêche, du commerce… sont en crise. La culture ne marche plus. On y assiste à la fois à: la dégradation des pouvoirs illégitimes, la déperdition scolaire, l’analphabétisme chronique, l’éclatement de la cellule familiale due très souvent à l’effritement de la classe moyenne, le sous-développement, la violence, la gabegie, la corruption, la fraude, la pauvreté, l’injustice, l’arrestation arbitraire, la confiscation des droits et libertés des administrés, l’absence de la démocratie, etc.

L’immense majorité des clandestins le sont pour des raisons économiques. Il vaut mieux, en effet, être pauvre dans un pays développé que dans un pays sous-développé manquant de tout et ne présentant pas de possibilités apparentes de l’application sans faille des notions des droits de l’homme. Rares sont, cependant, les clandestins qui optent délibérément pour les pays du Golfe ou les anciennes colonies socialistes et communistes, la Russie en tête. Bien souvent, les clandestins sont exploités et par les trafiquants qui les soignent et exigent d’eux des sommes astronomiques, et par les employeurs véreux qui voient en eux une main-d’œuvre très bon marché, corvéable à souhait (Grèce, Portugal, Italie, Espagne, Turquie…). De toutes les manières, les employeurs trouvent toujours des candidats pour remplacer les protestataires, les frondeurs. Certains syndicats et associations entretiennent indirectement ce système, sous prétexte d’entretenir et d’aider les clandestins. Il est indécent de faire travailler des clandestins dans le noir, alors même que le chômage bat son plein en Occident.

Autant des facteurs qui incitent les jeunes à émigrer dans la perspective de trouver une place su soleil, une vie meilleure, principalement auprès des anciennes métropoles : Belgique pour les ressortissants RD Congolais, Burundais, Rwandais ; France pour les originaires du Sénégal, du Maroc, de la Mauritanie, de la Tunisie, du Niger, du Burkina Faso, du Bénin, du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, de la Guinée-Conakry, de la Centrafrique, du Congo-Brazzaville, du Gabon, du Tchad, du Madagascar, du Togo, de l’Algérie, de la Réunion, de l’Ile Maurice; Royaume-Uni pour les résidents du Ghana, de l’Egypte, de l’Erythrée, de la Gambie, du Kenya, du Nigéria, de l’Ouganda, de la Zambie, du Zimbabwe, de la Sierra-Leone, du Liberia, de la Somalie, du Soudan, de la Tanzanie, de l’Ethiopie, des Seychelles ; Allemagne avec les ressortissants du Togo, du Cameroun, du Rwanda, du Burundi ; Portugal (pays devenu moins attractif depuis quelques temps pour des raisons de crises aiguës) avec les originaires de la Guinée-Bissaô, du Cap Vert, de Saô-Tomé et Principe, du Mozambique et de l’Angola ; Italie avec les résidents de la Libye, de l’Ethiopie, de l’Erythrée, de la Somalie, du Djibouti ; Espagne avec les ressortissants du Maroc, de la Libye, de l’Egypte

Examinons grosso modo les sentiments susceptibles d’animer les pays d’accueil des immigrants provenant de l’Hémisphère Sud. Eu égard à la dégradation économique généralisée et aux nombreuses crises, l’Occident se sent menacé par les flux migratoires incontrôlés. La plupart des pays occidentaux qui rechignent l’immigration clandestine ou illégale la considèrent, à tort ou à raison, comme  une vraie source de la menace à la stabilité politique, économique et sociale ainsi qu’à la sécurité nationale et au développement de leurs territoires respectifs. Toutefois, entre l’économie et la politique, les clandestins constituent, à n’en point douter, une figure sociale à géométrie variable. Les pays d’accueil réagissent contradictoirement par la tolérance voire le laxisme de l’accueil des étrangers, l’essor économique de ces pays occidentaux étant mis en exergue, au détriment des considérations purement politiques et/ou sociologiques.

Plusieurs pays occidentaux d’accueil se sentent saturés vu qu’ils ne parviennent pas à contrôler aisément les flux migratoires. Ils sont très souvent confrontés à des sérieux problèmes sociaux résultant de la présence inattendue des étrangers sur leurs territoires. Si l’immigration peut être contrôlée et planifiée moyennant une politique bien définie des pays d’accueil, elle peut avoir un apport positif sur les plans économique, main-d’œuvre disponible, sociologique, colmatage du taux très faible de natalité,et culturel, métissage de certaines valeurs et pratiques communes parmi les populations ambiantes. En revanche, les pays d’origine des immigrés perdent, du coup, des ressources humaines importantes. Ils subissent de plein-fouet une fuite massive des cerveau que sont notamment: les intellectuels, les techniciens, les artistes, les sportifs, les têtes-pensantes, etc.

A y examiner de plus près, il importe de reconnaître qu’aucun pays au monde n’est en mesure de faire face, seul, et de manière efficace, à l’afflux des populations étrangères. Soucieux de défendre les intérêts des autochtones, des indigènes, la majorité des Etats occidentaux adoptent des dispositions restrictives vis-à-vis de l’immigration des masses, tout en reconnaissant leur devoir d’accorder la protection et l’asile aux personnes  étrangères vulnérables, suivant les recommandations internationales contenues dans la Charte des Nations Unies. Nonobstant le durcissement des lois sur l’immigration, divers étrangers possédant une formation et une expérience adéquates ont plus de chance de trouver un emploi à l’étranger. En Occident, des pans entiers de l’économie manquent de travailleurs qualifiés. D’où, l’impérieuse nécessité d’embaucher parfois les étrangers illégaux en foulant ainsi aux pieds les prescrits de la loi sur l’asile.

Il est de plus en plus question en Occident de rechercher des voies et moyens de maîtriser les flux migratoires. L’Europe fonctionne sur le système de Schengen avec celui de Dublin pour l’asile. L’Union Européenne devient une vraie forteresse. Elle met en commun des politiques de contrôles des frontières en son sein moyennant des polices, des gardes-frontières et de l’Interpol. La régularisation massive des immigrés dans un pays européen quel qu’il soit n’est plus de mise comme jadis en Italie, en Espagne et en France, sous la présidence du socialiste François Mitterrand. La migration saisonnière est devenue une procédure de plus en plus altérée, à cause des calamités, des crises financières et économiques ainsi que des risques de ne pas voir les employés temporaires repartir chez eux. Hussel, dans son best-seller intitulé « Indignez-vous ! » a trouvé des mots justes pour faire évocation du malaise profond et palpable régnant au sein des économies des pays du vieux continent.

L’Occident en général et l’Europe en particulier doivent-ils envisager l’ouverture de leurs frontières respectives, ce, dans l’optique de la banalisation de ce fléau du siècle qu’est l’immigration clandestine ou illégale? Dans l’affirmative,  A qui? Quand? Comment? Pour quelles finalités? Avec quelles  garanties? Moyennant quelles réciprocités avec notamment les pays du Sud, autrement appelés pays tiers? Il n’est un secret pour personne que la population occidentale connaît un vieillissement récurrent qui n’est pas nécessairement compensé par un taux de natalité conséquent. A cela s’ajoute un phénomène récent qui s’observe à la suite de nombreuses crises que subit l’Occident : crise économique, crise financière, crise politique, crise sociale, crise culturelle… Il s’agit d’un exil progressif des Occidentaux vers les pays du Sud, en Afrique du Nord et au Maghreb précisément. La plupart des Européens retraités prennent leurs clics et leurs clacs pour s’acheter des parcelles, des terrains, des concessions en Afrique. Ils comptent y demeurer le reste de leur vie. La jeunesse européenne n’est pas du tout épargnée par le désir d’aller voir ailleurs. L’Erasmus décidé à Bologne par l’Union des Universités Européennes encourage cette jeunesse occidentale à de livrer à la mobilité.

Antoine Mankumbani

Antoine Mankumbani

Antoine Mankumbani

Rédacteur / Animateur radio

2 Commentaires le L’immigration clandestine ou illégale: les motivations, les causes, les conséquences et les enjeux du moment

  1. Babayé Kondo // 4 mai 2015 á 10 h 14 min // Répondre

    Je voudrais avoir des informations sur des sujets relatifs à l’immigration et la géopolotique des conflits armées en Afrique occidentale

  2. Kélos DJERABE // 18 mai 2016 á 9 h 57 min // Répondre

    Pourrais je avoir d’autres informations sur les enjeux de l’immigration en Afrique au sud du sahara et les conséquences sociales, économiques et politiques.Merci de m’avoir lu

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