Ouverture d’une enquête en Belgique sur « le scandale » des passeports congolais

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La publication la semaine dernière d’une enquête autour d’un supposé scandale dans le marché des passeports biométriques en République démocratique du Congo prend de plus en plus de l’ampleur.

Les procureurs de Bruxelles étudient l’accord entre la société belge Semlex et la République démocratique du Congo, dans le marché des passeports biométriques, a déclaré jeudi un porte-parole du bureau du procureur, cité par Reuters. Selon cet officiel de la justice belge, l’enquête avait commencé au début de l’année 2017 .

Alors que les Congolais doivent payer autour de 185 $ minimum pour se procurer ce nouveau passeport instauré en 2015, l’Etat ne recevrait que 65$ de tous ces frais, affirme l’agence Reuters.  « Le passeport est parmi les plus chers au monde, ce qui coûte à chaque demandeur congolais 185 $ (…) Pourtant, selon les documents examinés par Reuters, le gouvernement congolais recevra seulement 65 $ de chaque passeport. Au lieu de cela, la majeure partie de l’argent ira à Semlex, une société basée en Belgique qui produit les documents de voyage et une petite entreprise dans le Golfe« , renseigne-t-elle.

En RDC, un des détails importants livrés par cette enquête de l’agence Reuters affirme qu’en 2014, une société concurrente de celle qui a gagné ce marché a proposé l’unité à 28,5, contre 185$ actuellement, soit plus de 650% d’écarts.

« Le prix étonnamment élevé du passeport congolais est pourtant démontré par une offre concurrente d’une entreprise belge sans rapport avec Semlex, Zetes. Dans ce document dont Reuters a pu prendre connaissance, Zetes souligne qu’en 2014, le plan gouvernemental de mise en place des passeports biométriques allait coûter 28,50 dollars pièce. Zetes a confirmé avoir fait cette offre« , révèle Reuters dans son enquête.

Le vice-ministre des Affaires étrangères, Yves Kisombe a néanmoins reconnu que l’Etat ne touchait que 65$ sur chaque passeport vendu, tout en démentant que des proches du Président Joseph Kabila bénéficiaient du reste.

Un parti de l’Opposition a demandé au Procureur général de la République de se saisir de ce qu’il qualifie de « scandale de détournement ».

Semlex, basé à Bruxelles, qui est devenu un chef de file dans la fourniture d’identité et de documents de voyage pour les pays africains au cours des 20 dernières années, n’a pas commenté cette ouverture de l’enquête en Belgique.

By POLITICO.CD

Antoine Mankumbani

Antoine Mankumbani

Rédacteur / Animateur radio

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