RDC: une réunion sous tension entre le M23 et le gouvernement à Kinshasa

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Vue de Kinshasa, capitale de la RDC. © Wikimedia/Moyogo

Une délégation du M23 est bel et bien arrivée à Kinshasa en vue d’une réunion avec le mécanisme national de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, accord qui était censé amener la paix dans l’est du Congo. Sont présents dans la capitale congolaise, les garants de cet accord : Saïd Djinnit et Ibrahima Fall, tous deux envoyés spéciaux pour les Grands Lacs respectivement de l’ONU et de l’Union africaine, ainsi que des représentants des organisations sous-régionales. Mais à son ouverture, la réunion a bien failli capoter.

Entre la partie gouvernementale et l’ex-rébellion, on est toujours à couteaux tirés. Dernier exemple en date, alors que la réunion devait commencer, les trois membres du M23 venus de Kampala refusent de participer aux discussions. Motif : ils attendent la libération de trois de leurs camarades qui sont en détention à Kinshasa. « On nous l’avait promis, ils font partie de notre délégation », assure l’un des membres de la délégation. « C’est faux, regardez cette lettre du secrétaire exécutif de la CIRGL », l’une des organisations sous-régionales, rétorque-t-on côté gouvernement.

Le Congolais Ntumba Luaba a écrit aujourd’hui même au président du M23, Bertrand Bisimwa, lui rappelant qu’il était convenu que le chef de leur délégation ne soit accompagné que de deux assistants. Cette libération des prisonniers figure dans les obligations du gouvernement dans les déclarations de Nairobi, insiste-t-on du côté du M23 alors que la partie gouvernementale estime avoir amnistié ceux qui étaient éligibles.

La libération des prisonniers figure justement à l’ordre du jour de cette réunion, de même que le rapatriement des ex-rebelles toujours réfugiés en Ouganda et au Rwanda. Tous les ultimatums posés l’année dernière par la communauté internationale n’avaient servi à rien. En décembre, seuls 13 combattants avaient décidé de rentrer. « Ils sont de mauvaise foi », dénoncent les représentants et du gouvernement et de l’ex-rébellion. Des représentants de la communauté internationale ne cachaient pas ce vendredi matin qu’ils s’arrachaient les cheveux.

BY RFI

Antoine Mankumbani

Antoine Mankumbani

Rédacteur / Animateur radio

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